dimanche 16 décembre 2012

blanc

A la lettre M, je me saisis de lui.
Mais c'est moi, qui fus saisie.

Sur la page du prix m'apparut l'adhésif chiffré qui signe certains de mes présents.
Ainsi je sus que l'homme à qui je l'avais offert s'en était défait, finalement.

Luisa fredonne parfois dans la salle de bains, tandis que je la regarde se préparer, appuyé au chambranle d'une porte qui n'est pas celle de notre chambre, comme un enfant paresseux ou malade qui regarde le monde depuis son oreiller ou sans franchir le seuil, et là j'écoute ce chant féminin fredonné entre les dents qui n'est pas destiné à être écouté, encore moins interprété ni traduit, ce chant insignifiant, involontaire et sans destinataire que l'on entend, que l'on apprend et que l'on n'oublie plus. Ce chant malgré tout émis et qui ne se tait ni ne s'émousse ensuite, lorsqu'il est suivi du silence de la vie adulte, ou peut-être masculine. 
Javier Marias. Un coeur si blanc.
(ICI c'était un autre
Un autre jour, un autre homme, un autre cadeau, un autre livre)

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